novembre222012

Relations transatlantiques

L’IRIS et la Maison de l’Europe ont le plaisir de vous convier à participer à la conférence-débat :

LES RELATIONS TRANSATLANTIQUES AVEC OBAMA II

Mardi 18 décembre, 18H30, Maison de l’Europe
(35-37 rue des Francs-Bourgeois - 75004 Paris)

Conférence-débat organisée en partenariat avec la Maison de l’Europe autour de Karim Emile BITAR et Thomas SNEGAROFF, directeurs de recherche à l’IRIS.

Le débat sera animé par Fabio LIBERTI, directeur de recherche à l’IRIS.

Barack Obama a été réélu Président des Etats-Unis d’Amérique lors des élections du 6 novembre 2012, après une campagne électorale où l’Europe a été totalement ignorée, voir montrée du doigt comme contre-exemple. Le Président Obama a déjà fait savoir que le continent asiatique devient désormais la priorité stratégique des Etats-Unis. De surcroit les difficultés budgétaires se font également sentir à Washington, où la « falaise budgétaire » oblige le Président à trouver un accord avec le Congrès, à majorité républicaine, sur la réduction des déficits. Quelle place alors pour l’Union Européenne, où les dirigeants se sont réjouis unanimement de la réélection de M. Obama, dans la politique américaine lors du deuxième mandat du Président ? L’Europe sera-t-elle marginalisée à Washington ou bien M. Obama cherchera-t-il activement le soutien européen pour affronter les principaux foyers de crise internationaux ?

Nous vous remercions de bien vouloir confirmer votre présence en cliquant sur le lien suivant : INSCRIPTION
(inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles)

novembre92012

Appel à communication

Appel à communication de la Revue Internationale d’Intelligence Economique (R2IE) sur le thème « Intelligence Economique & Propriété Industrielle ».

Intelligence Economique & propriété industrielle

Les entreprises évoluent au sein d’un environnement de plus en plus tumultueux, complexe et concurrentiel. A cet égard, la détention de titres de propriété industrielle a longtemps incarné un gage de pérennité dans le temps. De ce fait, elle est aussi devenue le fruit d’intenses contentieux, puisqu’elle favorise la conquête et le verrouillage des marchés en limitant le degré de manœuvre des concurrents. Cet appel à communication vise à recenser les derniers développements des sciences humaines relatifs à l’usage du brevet en tant qu’outil informationnel, mais aussi comme arme concurrentielle”.

http://www.revue-r2ie.com/appels-%C3%A0-communication/

Romain ZERBIB

Enseignant-Chercheur en Sciences de Gestion (Groupe IGS)

Secrétaire Général Adjoint de la R2IE

novembre22012
octobre302012

Interview pour Grèce Hebdo

1) De quelles manières le web social affecte-t-il la circulation des idées politiques et des informations par rapport aux moyens classiques (médias traditionnels, partis politiques, think tanks…) ?


Dans la mesure où les médias sociaux confèrent à chaque internaute des moyens de documentation et d’édition inimaginables il y a quinze ans, quasi gratuits, les facultés d’expression de ceux qui ne disposent ni de médias classique, ni des médiations d’organisations, ni de l’influence propre aux élites intellectuelles ou politiques ont évidemment explosé. Mais exprimer vos idées (admirables ou délirantes) ne sert guère si vous n’êtes repéré par aucun moteur de recherche ou si aucun réseau social ne transforme vos contenus en liens communautaires forts ni en appels à l’action. Le pouvoir d’émettre n’est rien sans celui de citer, de recommander, d’indexer, d’approuver, de commenter, etc qui est une émanation collective des réseaux.


2) Quels sont les enjeux pour l’espace public en termes de démocratie et de gouvernance soulevés par les nouvelles pratiques numériques ?

Les réseaux numériques sont de redoutables instruments d’opposition, surtout là où il n’existe pas d’espace public libre, pour propager des passions démocratiques, souder des communautés, organiser l’action “dans la vraie vie”. En revanche, l’expérience récente nous montre qu’ils sont moins adaptés au temps du vote, de l’élaboration de la loi, de l’exercice de l’autorité.


3) Pensez-vous que les transformations de l’espace public issues de l’essor du web social peuvent représenter un atout pour la promotion de l’image nationale, si oui comment ?

Dans tous les cas de nombreux gouvernements en sont persuadés, à commencer par les USA : ils développent des stratégies dites de “e-diplomatie” pour développer leur “soft power”, et adresser directement à des populations étrangères un discours de justification ou de séduction. C’est la version “2.0” de la “diplomatie publique” de compétition idéologique durant Guerre Froide

10AM

Interview sur la guerre de l’information en Syrie

Q : Internet a-t-il changé la donne au sein des relations opposants/gouvernements ? Quel en est l’impact, quelle place tient Internet dans le conflit syrien ?


FBH

Trois idées :
Internet et plus précisément les réseaux sociaux ont changé les rapports de tous les gouvernements avec toutes les oppositions à travers le monde ; et ceci est particulièrement vrai dans les systèmes autoritaires où les médias sont soumis au pouvoir. Durant le printemps arabe, il a d’abord fallu constater une incapacité de ces  régimes de contrôler les protestations et indignations relayées par ces réseaux sociaux.

Avant le conflit syrien, ils n’arrivaient pas à empêcher l’opinion contestataire ou les images de répression de circuler ni à l’intérieur, ni hors des frontières. Ils étaient également incapables d’empêcher des « communautés à lien faible » (telles que celles initiées sur les réseaux sociaux comme Facebook, pour discuter initialement de sujets apolitiques comme les loisirs ou la musique etc.) de devenir des communautés militantes, indignées, capables de descendre dans la rue, de manifester, de se soulever ; les autocraties guère été efficaces en termes de censure, surveillance ou  propagande..


Sur internet, une fois que l’on a rejoint une communauté qui a décidé d’agir, il faut s’organiser de façon stratégique  ; et le smartphone est des plus commodes pour éviter la police, se donner des instructions, etc. Les réseaux sociaux sont donc également utiles aux révoltés au moment de l’affrontement dans la rue.
Jusqu’à présent c’étaient les faibles qui gagnaient, car ils étaient rapides, malins, etc.

Mais la donne change en partie en Syrie, pour deux raisons :


L’Etat est devenu plus intelligent dans les méthodes de répression et autres. Il est plus habile pour repérer, censurer, et délivrer un contre-message ;


Les deux camps se tirent dessus au fusil d’assaut. La place d’Internet est forcément moindre quand surgit la violence armée. L’utilisation de réseaux sociaux par les contestations ne leur confère un avantage  que jusqu’à un certain stade :


soit les dissidents gagnent, et le renversement de la dictature donne lieu à des élections : nous avons là une sorte de retour au concret, à la réalité, accompagné d’un vote dont l’issue peut surprendre! En Égypte ou en Tunisie la majorité ne va pas forcément où souhaitaient les “blogueurs démocrates”.


soit les dissidents perdent, et la répression continue, sur fond de bombardements et de fusillades..


Au stade de la lutte armée, la guerre de l’information reste très importante, surtout à l’égard de l’étranger pour envoyer des images, vidéos, des crimes de l’armée de Bachar al-Assad ; elle est également très utile pour maintenir le contact entre les forces de l’opposition. Mais les réseaux sociaux doivent passer le relais, tôt ou tard : soit au bulletin de vote et au changement de régime par des voies démocratiques ; soit aux armes.

Q : L’usage des réseaux sociaux, et plus largement d’Internet en Syrie est-il différent de celui qui en a été fait lors des précédentes révolutions arabes ?

FBH

Leur emploi est crucial à la fois pour monter, organiser une révolution, et pour s’adresser à la diaspora, pour donner l’exemple aux pays voisins, pour entretenir le soutien des médias étrangers. On est toutefois régulièrement surpris de réaliser que les blogueurs influents à ce stade sont loin d’être très représentatifs de la population.
Il y a un fort décalage entre ces blogueurs arabes francophones ou anglophones, amis de droits de l’homme, au style urbain et moderne (en tee-shirt), à hauts diplômes, et une blogosphère islamiste extrêmement présente, dans le cas par exemple de l’Egypte.


Autre exemple : pour l’Arabie Saoudite ou le Bahreïn, on peut recevoir sur Twitter des nouvelles en anglais sur les manifestations et l’opposition. Mais ce n’est qu’une vision partielle : si nous étions arabophones, nous aurions accès à une blogosphère et twittosphère éminemment conservatrices. Il faut se méfier de l’effet d’illusion occidentale. Le monde n’est pas uniquement composé de gens comme nous.

Dans le cas syrien, Bachar el-Assad a des partisans. Car il représente les alaouites d’une part, et le régime du parti Baas d’autre part. Ce dernier est fondé sur un modèle quasi stalinien, avec des militants et une police secrète  puissante. Et cela se ressent dans les rues, car aucune dictature ne peut tenir des mois sans quelques  soutiens et que les partisans du régime n’ont pas fui devant les manifestants. Cela se reflète également sur les réseaux sociaux par la présence de partisans sincères de Assad et/ou d’internautes travaillant pour lui (membres de services payés par le régime).

La nature sincère ou non de ces messages partisans importe peu. Le résultat est le même : une contre-offensive sur les réseaux sociaux. Et elle prend de nombreuses formes :


Des courants d’opinion pro-Bachar el-Assad (blogs, tweets…), s’expriment, élément qu’on n’aurait pas vu sous cette forme en Tunisie ou en Egypte ;


Ils adoptent des techniques de hackers (virus, défacements, Ddos…), notamment au sein de la Syrian Electronic Army Ils se sont approprié la panoplie du hacker et l’utilisent contre les sites occidentaux, ou les médias arabes sunnites opposés au régime de Damas. Le fort imite les techniques du faible. Mais le fort reste le fort. La police syrienne arrête aussi les manifestants, les torture pour qu’ils crachent leurs mots de passe. Elle fait appel à des techniques staliniennes classiques : infiltration dans les groupes adverses, provocations, désinformation. Ce sont des méthodes soviétiques, revues façon 2.0 ;


Il ne faut pas oublier, enfin, que le gouvernement a de l’argent. Il peut s’offrir les services de sociétés occidentales pour l’aider à filtrer le net, à repérer les opposants, et éventuellement, s’offrir de véritables bots, des faux partisans sur Facebook, Twitter, etc. donc des algorithmes qui simuleront un opinion favorable avec de fausses identités et non des gens en chair et en os.


Les forces de répression deviennent plus intelligentes : si elles imitent le hackers et ont aussi des technologies de surveillance et d’infiltration supérieures. Se dessine ainsi une sorte de « courbe d’apprentissage des dictateurs ». Ils tirent des leçons des évènements. Alors que Moubarak coupe Internet quelques heures, sans stratégie à moyen terme, Bachar el-Assad rétablit Facebook et y envoie des partisans pour observer, traquer, saboter. Il ne se réduit pas au simple rôle censeur, ni  ne se contente de parler sur sa TV et sa radio. Les dictateurs savent qu’il faut combattre les médias sociaux par les médias sociaux.  


Les acteurs extérieurs (Etats, hackers, etc.) jouent-ils un rôle important, voire décisif ? Participent-ils d’un rééquilibrage de la situation en matière de guerre de l’information entre dissidents et pro-gouvernemental ?


FBH

Conformément à ce qui a été observé lors du Printemps Arabe, par exemple en Tunisie ou en Egypte (révolutions bien moins sanglantes), la cyberdissidence reçoit aussitôt l’aide d’acteurs divers : ONG, hackers (type Anonymous, Wikileaks), etc. Mais ces groupes n’ont souvent qu’une idéologie vague prônant la liberté sur Internet.

L’intervention américaine, sous forme d’aide gouvernementale, a, elle, des racines profondes. Ses méthodes, favoriser ou fournir de médias à la dissidence, remontent à la Guerre froide (à l’époque, l’Amérique finançait des radios anticommunistes qui émettaient à direction de l’est, collées au rideau de fer.)


Elles aussi se sont modernisées, et les USA, notamment sous l’impulsion d’Hillary Cliton ont affiché leur soutien à toutes les cyberdissidences (stages, formations, fourniture de technologies…).
Si tout cela contribue à les aider, le résultat n’est pas moins ambigu. En Tunisie par exemple, se répand la thèse de la conspiration : les Américains auraient financé et  formé les blogueurs pour servir leurs intérêts. C’est là un élément -l’intervention de l’étranger-facilement exploitable par les adversaires, comme la police Syrienne. Ce soutien étatsunien est à double tranchant. Il décrédibilise les révolutions, en donnant l’impression que les dissidents ne peuvent agir seuls.



Q: Gagner la guerre de l’information et réussir à diffuser toutes ces informations… cela a-t-il un impact réel sur le conflit syrien, notamment, sur le terrain ?


FBH

Tout dépend de ce qu’on appelle gagner : certes les révolutions parviennent à transmettre des images. Mais le vrai problème de Bachar el-Assad est que l’opinion internationale lui est  déjà défavorable. Les dictateurs n’ont guère de moyens d’agir hors frontières. Le régime  syrien a déjà contre lui les USA, le monde arabe sunnite, donc son image de marque a peu de chances d’être sympathique, sauf peut-être à la TV iranienne.


De l’autre côté, ce n’est pas parce que les dissidents se révoltent contre un dictateur qu’ils sont blancs comme neige. Il y a de part et d’autre un fort contrôle des informations nous parvenant, sur la révolution syrienne. Il convient donc de ne pas céder à la naïveté, car les informations sont toujours partisanes.
Impact sur le terrain ?

D’une part, le simple fait de savoir que l’on fait la une du JT de Washington DC est extrêmement motivant pour les anti Assad, cela augmente leur espoir de recevoir des armes ou de susciter une intervention militaire externe.


Ensuite, la guerre de l’information a un impact fort sur les pays limitrophes comme le montre la ‘mise au banc’ de la Syrie par l’opinion arabe. On l’a constaté lors du dernier sommet des non-alignés. Cette opinion générale défavorable contribue à rompre les anciennes solidarités  entre dictatures de la région, si tant est qu’elles aient existé.
Mener la guerre de l’information contribue à la mobilisation de l’opinion internationale. Si on a du mal à mesurer l’impact réel du phénomène, il suffit d’observer, a contrario, un pays où la guerre de l’information n’est pas été remportée par les dissidents vite écrasés : le Bahreïn. La TV ne parle pas de la répression perpétrée dans ce pays, et le président Français reçoit le roi à l’Élysée sans que les médias s’en offusquent beaucoup.
En conclusion, lorsqu’elle coïncide avec d’autres intérêts, la guerre de l’information est un outil redoutable sur l’opinion internationale.

(Source : huyghe.fr)

9AM
septembre132012

Images qui tuent, bis

À nouveau des images tuent, ou plutôt, elles incitent à tuer. Par un mécanisme qui rappelle celui caricatures de Mahomet au Danemark (plusieurs morts dans les émeutes qui ont suivi) ou du film du réalisateur néerlandais Theo Van Gogh assassiné en 2004. Personne n’est totalement innocent ni d’un côté ni de l’autre. Certainement pas ceux qui ont produit ce film en vue d’une provocation maximum ( une stratégie indirecte dont le but est de susciter une réaction violente de ceux que l’on vise, souvent dans l’intention de les pousser à la faute ou de les obliger à révéler leur “vrai visage”).

Mais ceux qui arment les manifestants en colère sont tout aussi coupables. Et ils jouent sur un abominable syllogisme : puisque ce film “l’innocence des musulmans” qui blesse vos convictions les plus sacrées vient d’Occident (le producteur-réalisateur au bizarre pseudonyme, “Bacile”, à tenu à faire savoir qu’il avait la double nationalité, américaine et israélienne), ce film “est” l’Occident. Il exprime la quintessence de la haine qu’éprouvent tous les Juifs et les Chrétiens à notre égard. Les pays où l’on permet d’elles abominations sont aussi responsables que ceux qui les commettent.

Tout le monde est d’accord sur un point. Le film est extrêmement mal fait, avec des transparences, des acteurs non arabes portant des peignoirs de bain et des fausses barbes. Il est grossier dans sa forme mais également dans son propos ; Mahomet y présenté comme un gigolo, batard, pédophile, demeuré, etc. Et pour ceux qui n’auraient pas compris, le film commence par des scènes de persécution des coptes en Égypte (ce qui a amené certains à soupçonner une opération de désinformation venue d’Égypte) histoire de démontrer que le mal présent provient de la perversité native de la doctrine, et de la psychologie non moins pervetie de son fondateur.

La vidéo qui traîne en ligne depuis un an était d’abord passée presque inaperçue aux Etats-Unis. Il a suffi que le buzz s’en empare pour que des milliers de gens s”indignent de l’existence d’une version en arabe dont l’existence a été relayée par les médias classiques. Un film qui n’aurait trouvé ni distributeur, ni public, prend ainsi une importance symbolique énorme par un effet de citation typique des réseaux sociaux, et par une contagion propice à ces épidémies.

Deux politiques du pire se nourrissent mutuellement et se démontrert ce dont leurs auteurs étaient initialement convaincus : que l’Autre les hait et qu’ils ne font que se défendre.

septembre32012

Textes téléchargeables sur les réseaux

Textes téléchargeables en ligne (thèses, revues, etc.)

- Facebook, Twitter, al Jazeera et le printemps arabe. Iris 4 avril 2011 :

https://www.dropbox.com/s/d8zsf0uspmt4fkr/2011-04-04-facebook-twitter-al-jazeera-et-le-printemps-arabe.pdf

- Les ennemis d’Internet, rapport 2012 de Reporters sans frontières : https://www.dropbox.com/s/6asycksmlpsrlef/2012%20ennemis_internet_2012.pdf

- A Battle of Narratives, Information Operations Institute, 2010 :

https://www.dropbox.com/s/1m2h078jnzclpcl/94917960-A-Battle-of-Narratives.pdf

- Social Media in Times of Political Unrest, Antonio A. Casilli et Paola Tubaro, Bulletin de méthodologie sociologique : https://www.dropbox.com/s/fgpova6a1iagmjz/Bulletin%20de%20Méthodologie%20Sociologique-2012-Casilli-5-20.pdf

-Read, Retweet, Revolt, Daniel Craney

https://www.dropbox.com/s/r92cewfph9vsedu/CranneyRead-Re-tweet-Revolt-An-investigation-into-social-media-as-agents-of-socio-political-change.pdf

- Cyberactivism in the Egyptian Revolution: How Civic Engagement and Citizen JournalismTilted the Balance, Dr Sahar Khamis and Katherine Vaughn :

https://www.dropbox.com/s/3xtlnt9yo5sckjz/Cyberactivisme%20Egypte.pdf

-Egypt: From Revolutions to Institutions - Reboot – Brisson, Z. - 1 -

http://thereboot.org/wp-content/Egypt/Reboot-Egypt-From- Revolutions-To-Institutions.pdf

-Guide pratique du blogger et du cyberdissident, Reporters sans frontières ;

https://www.dropbox.com/s/0t7qu6qw3is8ljy/guide_blogger_cyberdissident-fr.pdf

-Hackers, Courrier International :

https://www.dropbox.com/s/unu57fzmvnfvx4d/Hackers.pdf

-La révolte en réseau : le « printemps arabe » et les médias sociaux, David M. Faris, Politique Étrangère :

https://www.dropbox.com/s/b9pb0v61z9gqnvu/IFRI_pe12012articledmfaris.pdf

-Do « Liberation Technologies » change the balance of power between repressive States and civl societies, Patrick P. Meier, Thèse PHD Fletcher School of Law and Diplomacy :

https://www.dropbox.com/s/q30b6domjmvxi3u/meier.pdf

-From the Network to the Street:Onlibe tools and democratization in Egypte and Belarus, Pasos :

https://www.dropbox.com/s/eoewzd4j9fjkupt/PASOS_ipabrief25nov2011.pdf

-The 7 activist uses of digital techonology, Joyce, Mary.International Center on Nonviolent Action  http://www.nonviolent-conflict.org/images/stories/webinars/joyce_webinar.pdf

-Cyberpower, J. Nye, https://www.dropbox.com/s/kgburyqqtzabwz9/NYE%20cyber-power.pdf

-Introduction aux réseaux sociaux F.B. Huyghe

https://www.dropbox.com/s/zuv5pidm2n2wpfs/Introduction%20aux%20réseaux%20sociaux_Hyghe.pdf

-Internet, politique et coproduction citoyenne Fondapol :

http://www.fondapol.org/wpcontent/

uploads/pdf/note/Internet_politique_et_coproduction_citoyenne.pdf

-Tunisie, Egypte, Libye : A chaque révolution sa communication, Mathieu Guidère

http://www.iris-france.org/docs/kfm_docs/docs/2011-04-04-

facebook-twitter-al-jazeera-et-le-printemps-arabe.pdf.

-Le rôle des réseaux sociaux dans la contestation des régimes autoritaires : étude des révolutions iranienne et tunisienne, Rébecca Lopez

https://www.dropbox.com/s/5ynqv0ii97vjpos/Mémoire_LOPEZ_Rébecca..pdf

-The Next Digital Decade, B. Szoka et A. Marcus

https://www.dropbox.com/s/tbyrcjndk9nz2yo/ndd_book.pdf

-Facebook, Twitter, AL- Jazeera et le « Printemps arabe » , Iris

https://www.dropbox.com/s/9azoef507igt1gk/OGI%20Printemps%20arabe.pdf

-The Pentagon Information Operations, and International Media Development, Center for International Media Assistance :

https://www.dropbox.com/s/eoewzd4j9fjkupt/PASOS_ipabrief25nov2011.pdf

Opening Closed Regimes IPTI

https://www.dropbox.com/s/eoewzd4j9fjkupt/PASOS_ipabrief25nov2011.pdf

-The United States Army Social Media Hanbook

https://www.dropbox.com/s/jm9iviw6an9d4vu/socialmediahandbookversion2large3aug11lr-110824083354-phpapp01.pdf

-Technologies de libération vs contrôle technologique, Iris

https://www.dropbox.com/s/t34ahwwpto5ugir/technologies-de-liberation-vs-contrle-technologique—-iris—-mai-2012.pdf

-The Egyptian revolution : al-Jazeera, Twitter and Facebook, M. Mird

https://www.dropbox.com/s/ekl605kzv48wqxq/Thèse%20MIRD%20Egypte.pdf

- De la dictature à la démocratie de Gene Sharp, Université Pierre Mendès-France 2009

https://www.dropbox.com/s/xfay7nj7ffc95yt/Sharp_French.pdf?m

 

Web 2.0 et réseaux sociaux

Qu’est-ce que le Web 2.0 ? : conférence de Tim O’Reilly (traduction en français)

What is web 2.0 : mise au point de Tim O’Reilly dans un slideshow

Qu’est-ce que le Web 2.0, par Hubert Guillaud

Rencontrez Charlie (traduction du célèbre slideshow Meet Charlie)

Net purchase power : une étude de l’European Interactice Advertising Association

Le Manifeste des évidences (Cluetrain manifesto)

Le Web social, cours en ligne gratuit de Sébastien Paquet

L’économie de l’attention : slideshow de Philippe Couve

Dahna Boyd : ce qu’implique de vivre dans un monde de flux,

Nova Spivack : bienvenue dans le flux : le flux, nouvel âge du Web

Crowdsourcing : Twitter se sert de ses utilisateurs pour innover

Le stock est mort, vive le flux par X. de Mazenod sur Adverbe

Is Google making us stupid ? Traduction du célèbre article critique de Nicholas Carr

The amorality of Web 2.0, par Nicholas Carr

Digital maoïsm : critique du Web 2.0 et de Wikipedia par Jaron Lanier

Pour une critique sérieuse, par Francis Pisani. Réponse aux critiques d’Andrew Keen

Pouvoir et savoir à l’ère du Web 2.0 sur huyghe.fr

Social Media Handbook de l’armée américaine

Trois paradoxes de l’Internet, par Joshua-Michele Ross : partie N°1, partie N°2, partie N°3

La e-réputation

L’indispensable gestion de la réputation numérique, par Christophe Deschamps

E-réputation et influence par X de Mazenod et F.B. Huyghe

L’e-réputation en question: une définition

Quand les internautes prennent la parole, le cas HSBC dans un mini dossier du Journal du Net

Cc de Didier Heiderich

Cultivez votre identité numérique, par Geegmiks/ESC Lille, un ebook à feuilleter en ligne et à télécharger

E-réputation, quel avenir ?

Agir sur son e-réputation, ebook à feuilleter ou à télécharger en ligne

17 ebooks gratuits sur e-reputation, personal branding et jobs

Opinion internationale et médias par F.B. Huyghe

STRATÉGIE

Voir l’Observatoire géostratégique de l’Information  ”Stratégies dans le cyberespace n°2 et numéro 1

Voir aussi le numéro consacré aux technologies dites de libération et de contrôle.

6PM

Dossier de revue et lettre électronique sur la cyberstratégie

Parlons cyberstratégie avec un numéro de l’Observatoire Géostratégique de l’Information et le N° 87 de la Revue Internationale et Stratégique.

La cyberguerre n’a toujours pas eu lieu (pas de cybermorts et aucune cyberpaix signée dans une capitale occupée). Le cyberterrrorisme reste une virtualité depuis plus de dix ans (du moins sous forme d’un attentat grave et non pas de simple messagerie d’un groupe armé). Quant aux attaques informatiques majeures qui pourraient paralyser totalement un pays, par exemple en déréglant son système bancaire ou d’approvisionnement énergétique grâce à des virus, elles sont toujours théoriques.

En sens inverse, les intrusions dans des systèmes informatiques et l’espionnage électronique prolifèrent. Les États développent des stratégies, non seulement pour assurer leur sécurité numérique, mais aussi pour se doter d’armes informatiques offensives. Et les groupes de hackers internationaux montent en puissance.

Mieux, ou pire, des révélations du New York Times datant de Juin denier et pas démenties par la Maison Blanche nous confirment que le virus Stuxnet, destiné à retarder la nucléarisation de l’Iran, aurait bien été lancé par les États-Unis (sous les administrations Bush puis Obama) et par Israël.

Beaucoup s’en doutaient, mais ce quasi aveu officiel démontre

- qu’à un certain égard, l’utilisation de virus peut remplacer celles de missiles et que la première puissance du monde utilise les mêmes méthodes technologiques que des hackers pour exercer une contrainte politique.

- que la compétition épée/bouclier est engagée entre des dispositifs de résilience (destinés à limiter les ravages d’une attaque informatique que l’on subit et qui peut être lancée par un État, par un rival économique, par un groupe criminel ou par une organisation poursuivant un but idéologique) et les dispositifs dits de perturbation (ceux qui permettent d’affaiblir un concurrent économique en lui volant ses secrets par écran interposé, de mettre hors fonction des systèmes de contrôle, de faire des dégâts avec de simples algorithmes, éventuellement d’infliger un humiliation symbolique à ses adversaires…).

- que toutes ces questions ne sont pas seulement techniques mais surtout stratégiques et politiques.

Des enjeux de souveraineté et de puissance se nouent autour de ces histoires de virus et de codes qui désorientent un peu ceux qui ont une culture stratégique classique.Nous avions déjà abordé ces problématiques dans un numéro de l’Observatoire géostratégique de l’Information.

Pour approfondir la question nous publions simultanément Un numéro téléchargeable de l’Observatoire Un dossier complet dans la Revue Internationale et Stratégique n°87 qui sort dans quelques jours.

Dans la revue papier, dans un dossier que je présente, les articles de C. Demchak pour les USA, F. Clérot pour la Chine, et O. Kempf pour la France montrent comment chaque pays interprète cette nouvelle donne et s’y prépare. D’autres examinent la façon dont les stratégies de demain aborderont les aspects économiques : protéger les entreprises et leurs infrastructures (N.Arpagian), judiciaires : empêcher, certes des crimes et délits, presque toujours transfrontaliers, mais aussi désarmer leurs auteurs (B. Louis-Sidney),  stratégiques : se protéger mais le cas échéant aussi contribuer à une gouvernance globale d’Internet voire à une cyberpaix (D. Ventre)- idéologiques ou éthiques enfin (article de M. Pinard)..

Dans la newsletter électronique (outre une bibliographie et les articles de votre serviteur) : un texte du sénateur Bockel dont le rapport sur la cyberdéfense française a fait grand bruit, notamment ses propos sur des armes informatiques offensives.un tableau chronologique montrant comment s’est construite historiquement (et empiriquement) la cyberstratégie (dû à C. Demchak).Un article de R. Lopez sur les arcanes de la stratégie russe y compris dans leur dimension diplomatique. Un texte de B. Boyer qui rappelle qu’une cyberstratégie ne concerne pas que les acteurs étatiques.

1PM

Lectures autour du thème du cyberespace

Quelques nouveautés pour la rentrée :
1. La sortie du nouveau numéro de l’Observatoire géostratégique de l’information, comme d’habitude téléchargeable gratuitement. Il s’intitule “Stratégies dans le cyberespace (2)”. Le lien

2. Comme vous vous en doutez, ce numéro 2 est la suite d’un numéro 1 que certains ont peut être lu

3. Mais aussi du numéro consacré aux technologies dites de libération et de contrôle.

4. Il complète également - et tout ceci est délibéré - le n° 87 de la Revue Internationale et Stratégique de l’Iris. Ce numéro sur papier que je ne peux malheureusement pas vous offrir sera présenté dans quelques jours à cet emplacement.


Bien entendu, les quatre peuvent se lire séparément.

La revue Médium sort son numéro double 32-33 consacré au thème de la copie. Également disponible dans quelques jours.

août312012

Robots influenceurs

La tendance à utiliser des robots ou logiciels “influenceurs” pour créer l’impression que l’opinion vous approuve sur les réseaux sociaux semble se développer, s’il faut en croire les informations de Kommersant du 27 aout 2012. Selon ce journal, les services russes auraient lancé un appel d’offre d’un million de dollars afin de créer un système d’intervention dans la blogosphère et sur les réseaux sociaux par robots interposés. Une partie du programme consisterait, si la nouvelle est exacte, à diffuser des messages favorables aux intérêts de Moscou via des comptes d’utilisateurs existants ou même “virtuels”, donc au nom d’internautes qui n’existent pas. À rapprocher d’un me similaire de la Darpa, le centre de recherche sur l’armement de pointe aux USA qui veut se doter de moyens logiciels de mener la bataille de l’opinion. Ou, plus simplement, du phénomène des hommes politiques ou des entreprises achetant des milliers de “followers” qui les ” likent” et créant l’illusion de mouvements d’opinion en quelques algorithmes.

août252012
août232012

Inde versus réseaux sociaux

Qui massacre qui et qui prépare des tueries dans l’État de l’Assam en Inde ? Les séparatistes de la tribu Bodo ? Les musulmans Bengali dont des centaines de milliers sont devenus des réfugiés ? Qui a lancé des rumeurs qui peuvent rallumer à tout moment ce conflit vieux de plusieurs décennies, qui a déjà apporté son lot d’atrocités ? Qui truque des vidéos ? Qui fait de la désinformation et de l‘“atrocity propaganda” ? Quels crimes sont imaginaires ? Y a-t-il un complot de l’étranger, et pourquoi pas du Pakistan ?

Nous n’avons aucune réponse à ces questions.. Mais il est certain que le processus “classique” des conflits entre deux ethnies - appels à la violence, imputation de crimes, rumeurs sur des massacres qui se préparent, rumeurs effrayantes circulant chez les réfugiés…- ont pris une tout autre ampleur quand les médias sociaux leur permettent de toucher des millions de gens dont la diapsora.

Autre certitude : le gouvernement de de qu’il est convenu de nommer “la plus grande démocratie du monde” est bien décidé à mettre fin au processus, et peut-être par la même occasion à affirmer son contrôle sur les réseaux sociaux! New Dehli a demandé le retrait de contenus litigieux. D’où des demandes de retrait adressées - avec un certain succès - à Google et Facebook qui ont obtempéré au nom de leur politique de retrait des “discours de haine”. Twitter en revanche refuse pour le moment d’obéir et fait l’objet d’un ultimatum…

Le gouvernement indien a, par ailleurs, fermé par l’intermédiaire de fournisseurs d’accès nationaux 245 pages et rage de ne pouvoir en faire autant pour des sites et messages ne venant pas de son territoire, donc échappant à sa juridiction.

Vieux dilemme : peut on soutenir toutes les cyberdissidences quand elles sont chinoises ou arabes, approuver la guerre de l’information que mènent sur les réseaux sociaux ceux qui ont pris les armes contre Kadhhafi ou Assad, et accepter sans sourciller la censure en Inde au nom d’un discours bien connu : il s’agit de désinformation volontaire, pas d’information… et c’est de l’incitation à la violence, pas l’expression d’une opinion ?

août212012

Obama vs Assange la suite

Le Département d’État américain vient de répondre aux déclarations de Julien Assange en l’accusant de proférer “toutes sortes d’affirmations gratuites sur nous alors qu’en fait son cas avec le gouvernement du Royaume-Uni porte sur son éventuelle comparution devant la justice suédoise pour quelque chose qui n’a rien à voir avec WikiLeaks mais qui concerne des accusations de comportement sexuel déviant”. On se rappelle que le fondateur de Wikielaks avait accusé les USA de procéder à une véritable “chasse aux sorcières”, allusion aux persécutions menées par le sénateur Mc Carthy contre les présumés “rouges” dans les années 50.

Le seul fait que le Département d’État éprouve le besoin de faire un démenti officiel et d’affirmer, en somme, qu’il s’agit d’une affaire de mœurs sans aucune dimension politique renforce les soupçons qu’il voudrait dissiper : les USA réagissent-t-ils chaque fois qu’un délinquant sexuel se proclame persécuté par la CIA ? Quatre pays (les USA, le Royaume-Uni, la Suède où se serait déroulé le délit dit de “sexe précipité” et non de viol, sans oublier ll’Équateur) seraient mobilisés autour d’une affaire d’utilisation de capotes crevées, il y a plus d’un an ? Si quelqu’un peut croire cela, nous l’invitions à se rendre immédiatement chez un vendeur de voitures d’occasion.

9AM

LE PS ET SES THINK TANKS

Créer un think tank : la meilleure façon de faire carrière ou de changer le monse?  À voir ce qui se passe autour du PS, en tout cas, la question se pose à gauche, tant l’inflation sévit en ce domaine. 

 Exemple : presque cent jours avant l’élection de son père, Thomas Hollande lançait un “think tank différent”, alias “Le laboratoire politique” fonctionnant depuis Marseille et qui voulait faire travailler ensemble des chercheurs, des notables (chefs d’entreprise, avocats, architectes) censés représenter la société civile, plus des politiques.. Une réunion générale toutes les dix semaines et quelques groupes de travail d’une dizaine de personnes produisant une seul vraie note à ce jour, un site minimaliste, un compte Twitter et quelques publications en ligne sur des sujets-mode comme le hip hop ou la monoparentalité, des conférences débats sur la Cannebière, un goût pour les néologismes comme la diversalité (un terme inventé par Edouard Glissant), des textes de fond qui sentent le réemploi d’articles universitaires (en l’occurrence sur les travaux de la féministe Judith Buttler)…
Il n’y a rien de honteux à être une bande de copains un peu branchés qui veulent faire part au monde de leurs solutions, mais nous sommes quand même un peu loin de Chatham House ou de la Rand…

Cent jour après l’élection de François Hollande, voici qu’un autre nouveau think tank, qualifié, lui, de plus technocratique par la presse propose cent mesures au nouveau président : Cartes sur table. Des proches du PS y proposent en vrac une allocation culture, un plancher fiscal minimum, des règles sur le don d’organes, la répartition de la TVA, etc.
Certaines mesures portant sur des points fort précis (du genre : promouvoir par l’éducation l’aide publique au développement ou mettre en place une commission indépendante chargée du découpage électoral) pourraient d’ailleurs être proposées par un parti de centre droit et, dans tous les cas, ne relèvent plus du pragmatisme que de la volonté de rupture révolutionnaire. 

Notre propos n’est pas de critiquer la production de ces groupes (il y a de bons textes), ni leur orientation (l’auteur de ces lignes travaillant lui-même pour un think tank classé plutôt à gauche serait mal placé) : simplement de constater la facilité avec laquelle quelques jeunes gens ambitieux dotés diplômes, d’un contact presse et d’un minimum de pratique de Wordpress peuvent fonder un centre de recherche qu’ils baptisent de ce nom américains.

Autre caractéristique commune : ces think tanks ne cachent pas combien leur ambition estliée aux échéances électorales et se veulent souvent “générationnels”. Ainsi le club au nom très significatif “Gagner en 2012”, fondé par des proches de DSK qui se disaient “enfants du 2 avril 2002 et du 6 mai 2007”, et ambitionnait de reconstruire le PS (il faut rendre à la justice que think tank n’a guère déployé d’activité et a, à notre connaissance, surtout produit un texte programme de Laurent Baumel).
D’autres clubs liés à une tendance du PS soit apparaissent sur son site (comme “le laboratoire des idées” de Christian Pual et Marylise Lebranchu) soit comme “La forge” de Benoît Hamon et Noël Mamère se situent dans la perspective de sa reconstruction. La double défaite de 2002 et 2007 aurait obligé la gauche à se réconcilier avec le monde des idées et exigerait la production de solution modernes et innovantes : voilà à peu près le letimotiv que l’on retrouvera partout.

Donc floraison de titres explicites :  ”Espoir à gauche”, “Répondre à gauche”,  ”Rénover maintenant”, “Inventer à gauche”, “Besoin de gauche”, ” Cercle 21 Gauche et modernité”, “Maintenant à gauche”, “À gauche en Europe”,….

Il semblerait donc qu’au PS “think tank” soit devenu synonyme de club ou de “courant” et qu’il soit inimaginable qu’une personnalité de ce parti n’ait pas “son” think tank (Montebourg, p.e.).
Personne ne va se plaindre qu’il y ait surabondance de propositions. Que cela puisse couvrir les ambitions personnelles de tel ou tel ou que le goût des socialistes pour les motions et les contre-motions trouve à se sublimer dans tous ces appels à réinventer, repenser, moderniser, oser, théoriser, inventer…, c’est possible, mais ce n’est pas l’essentiel.

Simplement cette floraison de centres de recherche des sensibilité sociale-démocrate pose plusieurs questions sur lesquelles nous reviendrons :

- Quelle a été la contribution réelle de tous ces centres de recherche aux victoires électorales ininterrompues de la gauche sous Sarkozy ? S’agit-il d’un phénomène comparable (mais en sens inverse) à celui de la reconquête du pouvoir idéologique par les think tanks conservateurs aux USA ? Une sorte de stratégie gramsciste de conquête des élites et de l’hégémonie idéologique ?
À cela, on pourrait objecter beaucoup de choses et pas seulement que la campagne présidentielle de 2012 a été tout sauf une campagne d’idées. D’abord qu’il faut distinguer la force de proposition et la reconquête idéologique.
Sur le premier point la capacité programmatique de la gauche, à supposer qu’elle se mesure au nombre de réformes proposées, a été très supérieure à celle de la droite, paralysée par l’agitation sarkozyste, sa capacité de sortir un projet de loi tous les matins, accompagnée d’une incapacité (ou d’un refus symétriques) d’en faire un programme structuré. Mais Hollande le pragmatique a fort peu retenu de toutes ces propositions, sinon ce qui correspondait aux grands courants d’opinion ou à sa propre formation (essentiellement au mélange de keynesiamisme et de culte du service public qui était la vulgate de l’ENA des années 70).
Mais les think tanks ont-ils contribué à faire avancer des valeurs ou des représentations du monde que l’on puisse globalement qualifier de gauche ? Pour cela, il faudrait que ces valeurs et ces idées aient progressé dans la société française dans son ensemble, ce qui est tout sauf prouvé. Et auprès des élites ? Là encore, il faudrait démontrer que chez les journalistes (dont on a suffisamment répété qu’ils votent à environ 75% à gauche) ou chez les managers ou hauts fonctionnaires ces tendances n’aient pas été déjà implantées.
Les notes de tel ou tel club de gauche sur le chômage, la prévention ou la globalisation n’ont-ils convaincu que ceux qui l’étaient déjà, au moins sur les orientations générales.

- L’hypothèse inverse serait celle que formule la “gauche de la gauche” (et que formulent Robert Lenglet et Olivier Vilain dans “Un pouvoir sous influence”, à savoir que cette frénésie de produire des idées soit en réalité une façon de forger un consensus et d’imposer les idées dominantes comme seules pensables. Pour le dire plus brutalement : la floraison des think tanks de gauche recouvrirait une mise en conformité, l’acceptation d’un horizon finalement limité et conservateur. Parler d’innover pour éviter de changer, en somme.
Ce débat s’est largement concentré sur ce qui reste finalement le principal think tank proche du PS “Terra Nova”, avec son énorme succès politique et médiatique. À suivre dans un prochain article.

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